Capture et stockage du CO2 : l'impulsion mondiale et le défi espagnol

  • La Norvège est à la pointe de la mise en œuvre du captage et du stockage du CO2 à grande échelle en Europe.
  • Les investissements mondiaux dans le CCS connaîtront une croissance exponentielle entre 2030 et 2050, avec des projets industriels pionniers et des alliances internationales.
  • L’Espagne dispose d’un grand potentiel en matière de stockage géologique, mais cela nécessite des investissements, une réglementation claire et une coordination public-privé.
  • Les experts et les entreprises insistent sur l’urgence de développer les infrastructures et une stratégie étatique pour éviter de prendre du retard dans la décarbonisation industrielle.

Captage et stockage du CO2 en Europe

Capture et stockage du dioxyde de carbone (CO2) Elle s'affirme comme l'un des éléments clés de la stratégie mondiale de réduction des émissions et de lutte contre le changement climatique. Si la réduction directe des émissions est essentielle, le développement de technologies permettant de capturer et de stocker le CO2 Là où les émissions sont difficiles à éliminer, comme dans l’industrie lourde, elle devient un élément essentiel pour atteindre les objectifs de neutralité climatique fixés par l’Union européenne et l’Accord de Paris.

Au cours des derniers mois, le paysage du captage et du stockage du carbone (CSC) La transition énergétique a connu des avancées significatives, notamment en Europe, où plusieurs projets phares donnent le ton au reste du monde. Les experts s'accordent à dire que, même si la transition énergétique progresse à un rythme soutenu, des solutions complémentaires comme celles-ci devront être renforcées pour assurer une véritable décarbonation des secteurs stratégiques.

La Norvège, une référence internationale en matière de captage et de stockage du carbone

Infrastructures de stockage de CO2 en mer du Nord

La Norvège a pris la tête de l'Europe avec l'inauguration du projet Longship, une initiative de grande envergure intégrant la capture, le transport et le stockage ultérieur du CO2 dans des réservoirs sous-marins. L'usine de Brevik, exploitée par Heidelberg Materials, pionnier de l'industrie du ciment, mérite d'être mentionnée. Il parvient à capturer environ 400.000 2 tonnes de COXNUMX par an, soit environ la moitié des émissions de ce type d'industrie. Le CO2 collecté est transporté liquéfié par bateau jusqu'au terminal d'Øygarden, puis injecté dans un aquifère salin à quelque 2.600 XNUMX mètres de profondeur en mer du Nord.

Le projet a investissements publics importants de la Norvège, qui a consacré plus de 22.000 milliards de couronnes norvégiennes au soutien de l'initiative au cours de ses dix premières années. Longship se distingue par la création de la première chaîne de valeur industrielle complète du CO2 en Europe et par son potentiel de réplication au-delà de ses frontières.

L'infrastructure de transport et de stockage est gérée par Northern Lights, un consortium formé par Equinor, TotalEnergies et Shell, qui a déjà signé des accords avec des entreprises d'autres pays comme la Suède, le Danemark et les Pays-Bas. Ce consortium a récemment reçu l'autorisation du gouvernement norvégien d'augmenter sa capacité à au moins 5 millions de tonnes par an, de fournir des services aux industries européennes et de signer de nouveaux contrats avec des clients comme Stockholm Exergi. La capacité devrait être multipliée à l'avenir pour répondre à la demande internationale.

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Perspectives internationales : Investissement et ambition en hausse

Le contexte mondial du captage et du stockage du CO2 Le monde évolue rapidement. Des rapports récents estiment que les investissements cumulés dans le CCS pourraient atteindre 80.000 milliards de dollars en seulement cinq ans, ce qui quadruplerait la capacité de stockage mondiale d'ici la fin de la décennie. L'essentiel de cette croissance se concentre en Amérique du Nord et en Europe, même si une expansion progressive devrait atteindre l'Asie et d'autres régions.

Le secteur industriel, notamment celui du ciment, de l'acier et de la logistique, jouera un rôle clé dans la promotion du CSC après 2030, car il représente une part substantielle des émissions mondiales difficiles à réduire. D'ici le milieu du siècle, ces industries devraient être responsables de plus de 40 % du CO2 capturé chaque année dans le monde.

La réduction des coûts est un autre aspect clé. Le coût moyen de ces technologies devrait diminuer d'environ 40 % d'ici 2050, grâce à leur développement, à l'amélioration des processus et au soutien politique et réglementaire. Le secteur exige, dans tous les cas, une collaboration déterminée entre les administrations et les acteurs industriels. pour combler l’écart qui existe encore entre l’ambition et le déploiement réel des infrastructures.

Espagne : entre potentiel et défi pour diriger la CAC

L'Espagne face au défi de ne pas être laissée pour compte par rapport à ses partenaires européens. Malgré 85 sites potentiels de stockage de CO2 Répartis sur tout le pays et avec un potentiel de stockage estimé à 11 gigatonnes, la plupart de ces sites restent inexplorés et les informations existantes sont limitées.

Selon les experts du secteur et des organisations telles que l'IGME et la Plateforme technologique espagnole du CO2 (PTECO2), il existe un besoin urgent de définir une stratégie nationale, articuler des partenariats public-privé et mobiliser des investissements dans la recherche, l'exploration et la construction de nouvelles infrastructures logistiques. Le développement en Espagne reste dans sa phase initiale par rapport à d'autres pays, en partie en raison d'un manque d'incitations et de clarté réglementaire.

La fragmentation de la chaîne de valeur, l'absence de feuille de route nationale et l'incertitude quant au coût futur des émissions sont quelques-uns des obstacles soulignés par les grandes entreprises énergétiques et les organismes industriels. À cela s'ajoutent la difficulté d'obtenir des financements et l'exploration du sous-sol limitée par rapport à des pays comme le Royaume-Uni ou la Norvège.

L'urgence d'agir : opportunités et prochaines étapes

Le stockage du CO2 représente une opportunité de créer de nouvelles industries, d'attirer des investissements et de renforcer la compétitivité industrielle de l'Espagne. Selon divers acteurs du secteur, tout repose sur l'accélération du déploiement des réseaux de transport et de stockage et sur la levée de l'incertitude qui freine les entreprises et les investisseurs.

Au niveau européen, Bruxelles pousse à anticiper les objectifs du Net Zero Industry Act, qui prévoit déjà l'obligation de stocker 50 millions de tonnes par an d'ici 2050. Si l'Espagne n'agit pas rapidement, ses industries auront de plus en plus de mal à être compétitives et à s'adapter à la neutralité climatique.

Ainsi, alors que d’autres pays réclament plus d’ambition et d’engagement, les voix espagnoles s’accordent à dire que le pays doit tirer parti de ses atouts, travailler sur une stratégie d’infrastructures critiques et assurer son attractivité pour les fonds internationaux à la recherche d’opportunités de décarbonisation industrielle.

Alors que le CCS se développe à l'international et que des exemples pionniers comme la Norvège se consolident, l'Espagne doit choisir entre progresser ou laisser passer l'opportunité de devenir l'un des leaders européens du captage et du stockage du carbone. Grâce au développement des infrastructures, aux incitations publiques et à une vision stratégique commune, le pays pourrait transformer ce défi en avantage concurrentiel et en outil essentiel de sa transition énergétique.


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