
La situation environnementale dans la région de Moquegua a atteint un point critique, contraignant le cabinet du Premier ministre à reprendre d'urgence le dialogue pour tenter de résoudre la crise. La contamination par les métaux lourds du bassin du fleuve Coralaque est un problème majeur ; elle affecte non seulement l'écosystème local, mais aussi la santé et les moyens de subsistance de milliers de familles qui dépendent de cette eau pour leurs cultures et leur élevage.
Récemment, le gouvernement s'est rendu sur place pour tenter d'apaiser les tensions, en présentant une série d'engagements visant à atténuer l'impact des déversements . Malgré des chiffres importants avancés, les tensions entre les riverains et les autorités locales restent vives, car ils estiment que les solutions définitives tardent trop à être mises en œuvre tandis que les dégâts environnementaux continuent de s'aggraver.
Engagements financiers et techniques sur la table

Le ministère de l'Énergie et des Mines a confirmé avoir alloué 25 millions de soles à la mise en œuvre d'un plan d'intervention directe dans le bassin. Ces fonds serviront à financer des projets disposant déjà d'une documentation technique avancée, axés principalement sur le traitement des eaux contaminées et la déviation des cours d'eau qui ne doivent pas entrer en contact avec les zones minières afin de prévenir l'acidification.
Ce plan d'urgence prévoit l'amélioration du pH de la rivière Margaritani et l'installation d'une station d'épuration des eaux acides . Selon les rapports techniques, plusieurs de ces projets devraient être achevés avant la fin juin, ce qui permettrait d'accélérer les procédures administratives grâce à une dérogation à la loi et de faciliter ainsi la réalisation des travaux d'urgence dans cette zone fortement touchée.
Mécontentement local et doutes quant aux délais

Malgré ces annonces officielles, l'enthousiasme n'est pas général dans la région. Nombre d'élus locaux ont accueilli avec scepticisme l'annonce que l'essentiel des investissements dans les projets agricoles était prévu pour 2027. Cette nouvelle est perçue comme une grande déception, car le gouvernement actuel ne sera plus en fonction à cette date, créant une incertitude politique que les habitants ne peuvent ignorer.
Le maire de San Cristóbal-Calacoa a même quitté la séance de dialogue, qualifiant les promesses de vaines. Pour les populations touchées, parler d'études et de ressources à long terme alors que leur bétail continue de mourir et que leurs terres s'appauvrissent sonne comme un simple prétexte. L'annonce d'un don de 12 tonnes de riz et de vêtements chauds n'a guère été d'un grand secours, une mesure jugée insuffisante par certains face à l'ampleur de cette crise environnementale qui dure depuis plus de dix ans.
Autres investissements stratégiques pour Moquegua et Ilo
Afin d'offrir une vision plus globale du développement régional, le gouvernement s'est concentré sur d'autres projets d'infrastructures clés, également très demandés. En juillet, le dossier technique de l' autoroute Moquegua-Omate-Arequipa , axe vital pour la connectivité du sud du pays, sera remis. Par ailleurs, la construction d'une digue dans la province d'Ilo a été priorisée, dans le but de dynamiser l'activité portuaire et commerciale de la région et de constituer un moteur économique alternatif.
Par ailleurs, le ministère du Travail a annoncé un investissement de plus de 4 millions de soles pour promouvoir l'emploi temporaire grâce à des programmes d'intervention immédiate. Ces mesures visent à apporter un soutien économique aux districts de Quinistaquillas, Matalaque, Chojata et La Capilla, parmi les plus touchés par la dégradation de leurs ressources naturelles due à l'activité du complexe minier Florencia-Tucari, qui restera sous le contrôle des agences de surveillance environnementale.
La restauration complète du bassin du fleuve Coralaque s'annonce comme un défi de longue haleine qui exige non seulement des investissements financiers considérables, mais aussi un suivi constant afin de garantir le respect des normes de sécurité par les entreprises. Le succès de ces accords dépendra de la concrétisation rapide des promesses de restauration environnementale , permettant ainsi à l'eau de redevenir une source de vie et non plus une menace permanente pour les habitants de Moquegua.