
La lutte contre la pollution plastique sur les côtes mexicaines a franchi une nouvelle étape avec la signature d’un accord clé. Entre le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles (Semarnat) et l'organisation Ecoce, chargée de la gestion des déchets recyclables, les deux parties s'engagent à installer des points de collecte gratuits sur les plages du pays afin de promouvoir la collecte, le tri et l'enregistrement des déchets inorganiques recyclables, notamment le plastique PET, lors de campagnes de nettoyage impliquant la société civile et les institutions à tous les niveaux.
Cet accord fait partie de la Stratégie nationale du Mexique pour le nettoyage et la conservation des plages et des côtes 2025-2030, promu par le gouvernement fédéral et la présidente Claudia Sheinbaum. Cette collaboration vise à favoriser une gestion globale des déchets, en garantissant le tri et le recyclage efficaces des contenants et des bouteilles après usage, et en promouvant l'économie circulaire à toutes les étapes du processus.
Un engagement qui va au-delà du gouvernement

Les responsables de l’accord soulignent que le problème des déchets plastiques sur les plages provient principalement des activités terrestres.On estime que 80 % des déchets trouvés sur la côte proviennent de ce qui se passe dans les maisons et les zones urbaines éloignées de la mer. C'est pourquoi la sous-secrétaire à la biodiversité et à la restauration de l'environnement, Marina Robles García, a souligné que la solution nécessite l'implication directe des citoyens, des entreprises et des administrations, au-delà de la simple action gouvernementale.
La stratégie comprend également le prêt de sacs de séparation pour les campagnes de collecte. Ecoce sera chargée d'enregistrer les déchets collectés et de rendre compte de leur impact environnemental positif. Le transport des matières recyclables vers les centres de collecte ou de recyclage sera également géré par cette association, tandis que le Semarnat sera responsable du traitement adéquat des déchets non recyclables, en coordination avec les autres autorités compétentes.
Selon les données officielles, entre 60% et 90% des déchets présents sur les plages mexicaines correspondent à des plastiques et des microplastiques.À l’échelle mondiale, on estime que près de 13 millions de tonnes de ces déchets finissent dans les océans chaque année, générant des effets négatifs sur la santé humaine et la biodiversité marine.
Des objectifs ambitieux et une coopération multisectorielle
Le grand défi est d’éliminer complètement les déchets plastiques des plages et des côtes du Mexique d’ici 2030.La stratégie a été lancée le 5 juin par une vaste campagne de nettoyage menée simultanément dans différentes régions du pays, notamment à Puerto Progreso, Acapulco, Puerto Vallarta et Puerto Morelos. Le plan prévoit de travailler sur les six prochaines années dans les 17 États côtiers, en impliquant diverses agences fédérales, la Marine, les collectivités locales, des organisations de la société civile et le secteur privé.
Marina Robles a rappelé que les efforts pour améliorer la gestion des déchets, en particulier du PET, ont été une priorité depuis la création de la première loi sur le sujet à Mexico il y a plus de deux décennies., qui a jeté les bases pour que des organisations comme Ecoce développent des modèles de travail intersectoriels qui sont désormais consolidés avec ce nouveau projet national.
Le modèle collaboratif souligne l’importance de garantir que les déchets recyclables, et en particulier le plastique PET, parviennent effectivement aux usines de recyclage.Ecoce sera responsable de l'organisation, du pesage, du classement et de l'élimination appropriée de ces matériaux, mettant toute son expérience dans les initiatives d'économie circulaire au service du plan.
D’un point de vue institutionnel, cette initiative est considérée comme un exemple de la nécessité d’unir les forces entre les gouvernements, les entreprises privées et la société civile.Jorge Terrazas, PDG d'Ecoce, a souligné que les défis environnementaux actuels ne peuvent pas être résolus par un seul acteur mais nécessitent l'engagement collectif et coordonné de tous les secteurs concernés.
Impact sur la santé et l'environnement marin
L’accumulation de plastiques, et de PET en particulier, affecte gravement la faune marine et la santé humaine., en raison de la présence croissante de microplastiques dans la chaîne alimentaire. C'est pourquoi l'accord met l'accent sur la réduction de l'impact visuel et paysager, ainsi que sur le contrôle des substances pouvant avoir des effets néfastes sur les personnes et l'environnement. De plus, lors des campagnes de nettoyage, une sensibilisation est menée à l'importance d'une consommation responsable et d'une gestion adéquate des déchets plastiques.
L’expérience d’Ecoce dans la gestion des PET n’est pas nouvelle.En fait, sa création a été liée aux premiers schémas de gestion et de recyclage de ce matériau au Mexique, ce qui a permis de consolider un réseau de collecte et de collaboration avec divers secteurs pour donner une seconde vie à des millions de bouteilles en plastique.
Grâce à cet accord et à des efforts coordonnés, le Mexique devrait réaliser des progrès significatifs dans la réduction de la pollution plastique le long de ses côtes dans les années à venir. La stratégie nationale pose les bases d'une participation active de tous les acteurs sociaux et économiques à la transition vers une économie véritablement circulaire dans la gestion du PET et des autres déchets plastiques.