Les parcs nationaux du canada ont franchi une étape importante dans la restauration de leur biodiversité en entamant la déplacement des bisons à leur habitat naturel. Dans ce processus, 16 bisons sauvages ont été déplacés du parc national Elk Island vers Vallée des Panthères, dans le parc national Banff, un lieu emblématique pour sa beauté et sa biodiversité.
Cet effort fait partie d'un long processus qui a impliqué la participation de diverses institutions et communautés autochtones, dont le lien avec le bison est à la fois écologique et culturel. Les bisons sont absents de cet habitat depuis plus d'un siècle, jusqu'à ce que le gouvernement canadien décide d'intervenir pour restaurer leur population.
Un projet de réintroduction du bison au Canada

Les 16 bisons relocalisés font partie d'un projet pionnier qui vise à ramener cette espèce dans les prairies où elle se nourrissait avant la colonisation européenne. Pendant des siècles, le bison a été un élément clé de l’écosystème des prairies canadiennes, et sa réintroduction pourrait rétablir un équilibre écologique. Pendant les 16 premiers mois, ces bisons resteront dans des enclos contrôlés à Panther Valley, environ 40 kilomètres au nord de Banff. Ici, ils seront suivis par des spécialistes de Parcs Canada pour assurer leur adaptation. Dès l'été 2018, il est prévu de les lâcher dans une zone de 1.200 kilomètres carrés dans les bassins des rivières Red Deer et Cascade.
Le but est que le bison interagisse avec espèces indigènes comme les ours et les loups, retrouvant ainsi leur fonction au sein de l'écosystème. De plus, on s'attend à ce que barrières naturelles tels que les rivières et les chaînes de montagnes empêchent les bisons de quitter cette zone protégée.
Le rôle historique du bison sur les terres canadiennes
Il y a un siècle, le les bisons paissaient librement sur les terres qui constituent aujourd'hui le parc national Banff. À son apogée, on estime qu'il y avait environ 30 millions de bisons sur tout le continent américain, mais l'espèce était au bord de l'extinction en raison de surexploitation humaine. Lorsque le bison a été éliminé de son habitat, les communautés autochtones, qui en dépendaient à la fois pour leur nourriture et leurs cérémonies, ont également été confrontées à un grave coup culturel. Les pratiques traditionnelles, comme la chasse au bison, faisaient partie de leur mode de vie.
Avec l'arrivée des colons européens, cette espèce a été chassée de manière intensive et, en 1890, la population avait été réduite à moins de 1.000 copies partout en Amérique du Nord. Ce n'est qu'au début du 20e siècle que le gouvernement canadien décide d'intervenir, acheter un des derniers troupeaux de bisons et l'établir à proximité du courant Montagne des Cascades. Ils y sont restés 100 ans jusqu'en 1997, date à laquelle ils ont été temporairement déplacés.
Le processus de réintroduction : un projet de plusieurs millions de dollars

Le projet actuel, d'un coût de 6,5 millions de dollars canadiens, vise non seulement à rétablir l’équilibre naturel, mais a été conçu pour évaluer l'impact de la réintégration des bisons dans l'écosystème.
Parcs Canada examine des facteurs tels que santé du troupeau, le taux de reproduction et son interaction avec prédateurs naturels. Les premiers tests ont été encourageants : peu de temps après avoir été relâchés, les bisons ont commencé à s'adapter rapidement à l'environnement, se nourrissant et buvant de l'eau provenant de sources proches de la vallée.
Concernant la logistique, l'opération a été réalisée par des hélicoptères qui ont transporté les conteneurs avec 10 femelles gravides y 6 jeunes bisons du parc national Elk Island à Ya Ha Tinda Ranch. Ces animaux ont été surveillés dès le début à l'aide de colliers radio, permettant aux scientifiques de suivre leur adaptation et leur comportement dans le nouvel environnement.
L’impact sur l’écosystème et les communautés locales
Le retour du bison représente non seulement le restauration d'une espèce clé pour l'écosystème, mais a également une signification culturelle pertinente pour de nombreux premières nations du Canada. Les bisons jouent un rôle essentiel dans la vie de ces communautés et leur retour est considéré comme un effort de gestion et de préservation de leur héritage culturel. C'est ce qu'a souligné Catherine McKenna, ministre canadienne de l'Environnement, qui a considéré le retour des bisons dans le parc national Banff comme une opportunité pour les nations autochtones de renouer avec leurs traditions.

Cette réintroduction a également permis aux scientifiques d'étudier les changements que les bisons génèrent dans l'environnement. Jodi Hilty, président de la Yellowstone Conservation Initiative au Yukon, a souligné que les bisons sont considérés comme de véritables ingénieurs de l'écosystème. Sa présence permet de restructurer le paysage, puisque son pâturage permet aux espèces végétales de se régénérer rapidement. Les chercheurs ont observé un impact positif sur biodiversité de la zone, y compris une augmentation des insectes et des oiseaux.
Les excréments de bison jouent également un rôle important, car ils contribuent au cycle nutritif du sol, favorisant ainsi la végétation. Bref, ce projet est une belle opportunité pour restaurer la biodiversité dans la région, équilibrer l’écosystème et promouvoir le tourisme écologique.
Le retour du bison au parc national Banff et son impact sur la faune locale constituent une autre étape vers le rétablissement du lien entre les humains et la nature. Ce projet de réintroduction a le potentiel d’inspirer des initiatives similaires dans d’autres régions du monde.