Aide du ministère de l'Agriculture en réponse à la crise au Moyen-Orient

  • Nouveau programme de prêt ICO-MAPA-SAECA avec une prime de 15 % sur le capital.
  • Prolongation de l'aide directe pour l'achat d'engrais et de gazole professionnel.
  • L'assurance agricole est une condition obligatoire pour accéder au financement.
  • La période de candidature restera ouverte jusqu'au 30 septembre 2028.

Subventions au secteur agricole dans la crise du Moyen-Orient

L'instabilité internationale au Moyen-Orient a, comme prévu, des répercussions sur l'approvisionnement alimentaire d'une grande partie de l'Europe. En Espagne, les agriculteurs et les pêcheurs ont vu leurs marges bénéficiaires chuter en raison d'une hausse apparemment sans fin des coûts, notamment de l'énergie et des produits de première nécessité. C'est pourquoi le ministère de l'Agriculture a décidé de mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à atténuer les pertes de rentabilité du secteur primaire face à cette situation difficile.

Le gouvernement a approuvé un soutien financier substantiel, principalement sous forme de prêts subventionnés. L'objectif est de garantir que les agriculteurs et les pêcheurs ne soient pas à court de liquidités et puissent poursuivre leurs activités. Cette aide, qui s'inscrit dans un plan de réponse global, vise à apporter un soulagement indispensable à des milliers d'exploitations agricoles qui subissent encore les conséquences de la sécheresse et de la volatilité des marchés internationaux qui ont débuté début 2026.

Lignes de financement ICO-MAPA-SAECA

L'essentiel de ces subventions est axé sur le programme de prêts ICO-MAPA-SAECA, conçu pour faciliter l'accès au crédit à des conditions avantageuses pour l'emprunteur. Grâce à ce mécanisme, le ministère subventionne à hauteur de 15 % le capital des prêts accordés, ce qui représente une économie directe très appréciée des demandeurs. On estime que cet apport de fonds permettra de mobiliser un volume important de crédits dans l'ensemble du secteur agroalimentaire et de la pêche, pouvant dépasser 1.400 milliard d'euros de prêts garantis.

Pour garantir l'efficacité de cette aide, l'État a alloué un budget d'environ 300 millions d'euros. Une part importante de cette somme est destinée au remboursement du capital, tandis qu'une autre, significative, d'environ 75 millions d'euros, est réservée pour subventionner le coût de la garantie de la SAECA . Cette garantie est essentielle, car de nombreuses petites exploitations agricoles rencontrent de sérieuses difficultés pour fournir des garanties aux banques, et une garantie publique couvrant l'intégralité du prêt leur ouvre des perspectives qui leur étaient auparavant totalement inaccessibles.

Chaque bénéficiaire est limité à une subvention de 15 000 €, le financement maximal pouvant atteindre 100 000 €. L’objectif n’est pas de distribuer de l’argent gratuitement, mais d’offrir aux entreprises un long délai de remboursement , pouvant aller jusqu’à 15 ans dans certains cas, incluant des périodes de grâce durant lesquelles seuls les intérêts sont dus. Cela permet aux agriculteurs et aux pêcheurs de souffler avant de rembourser la majeure partie du prêt, le temps que la situation géopolitique se stabilise.

Qui peut demander cette aide et de quoi a-t-il besoin ?

L'accès au programme est soumis à certaines conditions minimales. La liste des candidats éligibles est très large et comprend notamment les exploitants agricoles et d'élevage, les coopératives agroalimentaires et les opérateurs de pêche. Les entreprises aquacoles sont également éligibles, ce qui est essentiel compte tenu de la hausse du coût des intrants pour l'élevage de poissons. Les candidats doivent être domiciliés en Espagne et, bien entendu, être à jour de leurs obligations fiscales.

L'un des principaux axes de travail a été la sécurité. Pour accéder à ces lignes de crédit, le ministère exige que le bénéficiaire dispose d' une assurance agricole en vigueur ou s'engage à en souscrire une lors des prochaines saisons. Cette mesure vise à promouvoir une culture de l'assurance et à éviter que les aléas climatiques ne compromettent l'investissement financier du prêt. De plus, les agriculteurs doivent tirer au moins la moitié de leurs revenus d'une activité agricole, ce qui garantit que les fonds parviennent à ceux qui dépendent réellement de l'agriculture.

La date limite de dépôt des candidatures est assez large, puisqu'elle est fixée au 30 septembre 2028 ou jusqu'à épuisement des fonds. Cependant, les candidatures sont traitées strictement par ordre de réception par la Société nationale de garantie agricole (SAECA). Il est donc conseillé de ne pas tarder et de préparer les documents électroniques au plus vite afin d'éviter tout échec.

Amplificateur pour engrais et carburant

Outre les prêts, le plan de mesures comprend la prolongation des programmes d'aide directe déjà en place, mais qui nécessitaient un allongement en raison du conflit persistant au Moyen-Orient. Par exemple, la réduction pouvant atteindre 20 centimes par litre de gazole agricole et de pêche a été maintenue ; cette mesure est automatiquement appliquée lors du remboursement de la taxe sur les carburants. Cela permet aux professionnels de réaliser d'importantes économies administratives, car la réduction est automatiquement déduite de leurs paiements sans qu'ils aient à remplir de nombreux formulaires supplémentaires.

Concernant les engrais, le gouvernement a dû puiser dans ses réserves et augmenter le budget initialement prévu à plus de 600 millions d'euros. Les montants par hectare ont été ajustés afin de mieux soutenir les cultures irriguées, les plus touchées par la fluctuation des prix des intrants, pour atteindre 92,50 € par hectare irrigué . Pour l'agriculture sèche, ce montant reste aux alentours de 38 €. Cette répartition vise à rétablir l'équilibre et à compenser le surcoût lié au maintien de la productivité des terres espagnoles dans un contexte d'inflation galopante.

Ce déploiement de ressources vise à préserver la souveraineté alimentaire et à éviter l'effondrement du secteur primaire dû à des facteurs externes indépendants de sa volonté. L'association de prêts à taux préférentiels, de garanties publiques et de subventions directes à la consommation d'énergie constitue un rempart socio-économique qui devrait permettre de traverser la crise jusqu'au retour à la normale au niveau international. La réussite dépendra de la rapidité avec laquelle cette aide parviendra aux producteurs, afin d'éviter que des retards administratifs ne compromettent l'efficacité de cette initiative.


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